Dans la sombre torpeur des fins d’après-midi au café.

Les cigarettes posées sur la table bien rangées dans leur petite boîte.

Des choses par milliers ingurgitées dans la tête.

Saturation des yeux.

Olga essaie de retrouver un semblant de sensation.

Le toucher de cette chose fragile et cylindrique, la flamme qu’elle éteint vite sitôt le rougeoiement.

La fumée qu’elle inhale pour retrouver le souffle.

Puis la fumée qui s’échappe, grise et sans vie, polluée des soucis qu’elle voudrait voir partir au vent.

Le café noir dans son petit dé, le sucre qui s’éparpille partout.

Des images, des couleurs, des voix, des bribes, des morceaux vitaux qu’elle ne voit pas, qu’elle ne veut pas voir.

Les pensées qui se bousculent, les livres à lire, les musées à voir, les expositions à visiter, les gens à qui parler.

A quoi donner de l’importance ?

A qui donner ce temps éphémère.

Et Olga repart grisée dans l’atmosphère du manque d’air, repartir par monts et par vaux vers un inconnu qu’elle pressent un peu plus à chaque pas.

L’énergie semble inaltérable à la suivre dans ses péripéties au gré de la facétieuse météo, seul loisir dans une vie sans surprise.

Olga oublie le présent, cet émerveillement fragile du poids du temps.

Les jours qui se suivent sous l’implacable joug.

Ces envies du moment, qu’elle envoie valser dans les coins.

Olga oublie chaque jour un peu plus les vibrations et l’avant.

Ce qu’elle voulait avant.

Elle s’enferme dans son globe, se bouche la vue des autres pour ne plus rien ressentir.

Les rires engoncés dans la gorge.

Et puis le miracle arrive, agit sur l’écran, détruit tout, les faux rêves, les fausses gloires, permet à l’essence de revenir à la surface.

Et oui elle est encore capable de pleurer, de rire, d’aimer.

Olga oublie l’angoisse, le regret du temps.

Elle prie chaque souffle d’air de ne pas être le dernier, elle a pris le goût du bonheur et de l’amour.

Elle a pris la saveur de cet instant fragile suspendu au fil d’un autre, à qui elle pardonne tout et donne tout.

Musique : Vivaldi, Les quatre Saison, L'automne

par Arcadius
Lundi 7 avril 2008
publié dans : Chroniques communauté : les auto-édités
créer un trackback recommander ajouter un commentaire commentaires (6)   

La porte 26. La clé grince et fait jouer la serrure. Olga a l’estomac et la gorge noués. Elle ne sait plus ce qu’elle fait là. Olga tente. Elle a une totale confiance en Lucas, voire une passion, une admiration pour lui. Elle ne sait plus. Une force impénétrable la pousse ici. Lucas. Il a la voix incroyablement douce.

La porte est difficile à ouvrir et donne assez de temps à Olga pour voir ressurgir son angoisse. Depuis une semaine qu’elle a rencontré Lucas, toutes les histoires possibles tournent dans ses méninges. Craque-t-elle pour lui ? N’est-ce qu’une réminiscence de cette soirée à regarder les étoiles ?

Elle se trouve ridiculement fallacieuse, elle ne sait même plus si elle en a envie. Le souffle court elle halète cherchant désespérément une once de raison en elle.

La porte s’ouvre dans un juron, brusquement happée elle retrouve son souffle.

Lucas est là devant elle, torse nu, à l’aise. Ah les hommes !

L : Il faut que je répare cette foutue porte

O : N’en fait rien, c’est comme un purgatoire avant d’entrer !

 

Bravo la blague Olga. Tombée dans l’eau de son désespoir. Si seulement elle savait ce qu’elle voulait. Peut-être Lucas, un homme bien, respectueux, et pas dragueur. C’est donc à elle de faire le premier pas… Pas facile.

Le jeu de la séduction ! Un truc fascinant. Passé l’âge de 16 ans Olga a compris que cet amusement comporte des règles différentes pour chaque camp. L’objectif en est le même et c’est là, le seul point commun.

Olga est d’un naturel timoré. Elle décide de privilégier le moment présent. Voir où ça la mène toute cette histoire.

Olga, toute à son angoisse se décide à faire appel à un esprit. Elle se décide pour Bob Marley, se rétracte au dernier moment, non il lui faudrait fumer, ça la rend poisseuse. Peut-être un chef indien : bien trop sage et se faire appeler Petite Plume, ce soir, la rendrait agressive. Marie Curie ? Eléonore Roosevelt ? Marylin Monroe ? Elle ne les connaît pas assez bien.

N’importe quoi. Passe le moment, ses idioties dans la tête.

Dans la réalité, elle visite. C’est grand et démeublé. Un lit, un bar-cuisine, sans doute une douche quelque-part. Le tout bétonné en gris. Quelques lumières : des néons. Bref un Hangar.

Elle s’assoit au bord du lit. Il y a une écœurante odeur de sexe. Ecœurante comme du sexe en solitaire.

Il lui apprend qu’on lui prête l’endroit : il peut y travailler et y vivre, ce dont il a besoin. Il lui sert un verre de vin. Elle boit. Il parle de sa vie, de son boulot. Elle sait qu’ils ne sont pas du même monde.

 

Ils sortent. Une autre de ces soirées décalées, un truc de son âge. Olga ne sait jamais si elle aime ou non.

Enfin c’est toujours plus facile de plaire en gigotant son corps…

 

 

 

Musique : Sami K feat Diva Avari, Fucking Bitch.

 

 

par Arcadius
Vendredi 28 mars 2008
publié dans : Chroniques communauté : Etre pour les autres.
créer un trackback recommander ajouter un commentaire commentaires (5)   
Une goutte tombe.
Infiniment pleine de ce bruit d’eau.
Insoutenable.
Un robinet fou.
Vertige propres aux noctambules prisonniers des effets d’une substance ‘énergisante’.
Etouffement crépusculaire imposant.
Elle se lève poussée par une force.
Force martyrisante biologique inattendue indue.
La faim.
Festin avec les éphémères d’un soir.
Le frigo est vide.
Irrépressible sentiment de désespoir.
Epouvantable vacarme de l’organe affamé.
Montée du vertige puissant sous-jacent.
Une cigarette.
Ravitaillement sommaire en sucre.
Quantité d’alcool.
Un litre de café serré.
L’excitation du cerveau et des mains en adéquation avec la nuit la plus sombre, la plus froide. Appropriée à l’euphorie méprisante de la vie nocturne.
Vie des êtres étranges et instables.
Affection.
Bain à la menthe.
Les yeux, la bouche.
Grands et rouge.
Ses cheveux sont clairs, un peu long.
Une connivence avec le miroir.
Elle les détache.
Vite-fait un pantalon noir moulant et un corset noir et doré.
Pas trop de temps pour ça.
Olga n’aime pas.
Taxi.
Les rues.
Les lumières.
La vie.
Un néon cassé dans un couloir sinistre.
Ténèbres obsédants irréguliers.
Un entrepôt.
Ni sale, ni malsain.
Silencieux et glauque.
Parfois un rire, une chute, une danse détraquée.
Olga se fond dans la foule.
Musique forte et rythmée.
Elle boit.
Pas vraiment consciente.
La douleur passée présente à venir sur les épaules.
Elle tourne.
Olga va mal.
Elle sort.
Olga regarde les étoiles.
L’immensité du ciel c’est rassurant.
Il est là.
Pensif, lointain.
Elle s’assoit.
Coup de soleil, coup de lune pfft.
Il lui a juste soufflé : « ne pas sourire c’est un meurtre de cœur ».
 
 
 
Musique : Béla Bartok
Dessin : Smokecity, 6NEK, 08
par Arcadius
Mercredi 19 mars 2008
publié dans : Chroniques communauté : les auto-édités
créer un trackback recommander ajouter un commentaire commentaires (1)   
Olga rêve à l’amour souvent. Elle imagine des tas de choses. Une en particulier serait l’amour entre Adam et Eve, une chose si pure, si simple. Elle en frémit. Alors elle imagine ce qu’ils pourraient se dire, dans un petit coin paradisiaque de sa tête, elle met en scène.
 
C’est le matin A et E se réveillent. Fraîche lumière. Calme. Pépiements d’oiseaux.
 
A : « Bonjour étoile du matin, la rosée est-elle assez fraîche pour que l’on s’y baigne ? »
E : « La nuit m’a été douce. La rosée est toujours parfaite pour que l’on s’y baigne. Allons-y »
 
Dans une flaque de rosée
 
E : « As-tu bien dormi ange ? La nuit était belle, parfaite pour les rêves. »
A : « Peut-on s’intéresser à quelque chose d’autre ? La nuit est obscure et reste la nuit. Parlons du jour puisqu’il est là. Nous n’avons pas encore vu toutes les espèces d’animaux. Allons les voir. »
E : « Oui cela pourrait être amusant. Nous pourrions prendre quelques fruits et partir plusieurs jours. »
A : « Bonne idée. Cet endroit devient lassant. On y a déjà tout vu. Puisque les choses ne viennent pas à nous. Allons voir les choses. »
E : « Partons à présent. »
 
 
 
Et c’est toujours la même chose, Olga interrompt sa rêverie un peu amère. Elle se dit que décidément ça doit être bien ennuyeux d’être parfait dans un univers parfait. Elle secoue la tête, bien contente de revenir à la réalité, où l’amour ne ressemble jamais à ces rêveries.
par Arcadius
Mardi 29 janvier 2008
publié dans : Chroniques communauté : les auto-édités
créer un trackback recommander ajouter un commentaire commentaires (2)   

Impossible de dormir. Elle présage. Ça va être impossible. Oubliée la douce torpeur, le sommeil rêveur auprès des anges, bercée par tous les dieux de la mythologie. La cassure est dépassée, l’ultime barrière franchie. Rien ne l’atténuera, ne l’arrêtera. Trop avancée. Stade de conscience et de réveil élevés. Quelques points douloureux. Bonne diffusion de la chaleur. Légers tremblements par intermittence. Actions névrotiques temporaires. Fantaisies de la pensée passagère. Eclairs d’énervements. Fugaces liaisons de sang. Quelques battements de cœur. Aucun rythme n’apaise calme et endort. Bonne perception du climat extérieur qui influence la température interne. Perdue la notion temporelle. Impatience, quelques gestes trop vifs pour être annonceurs de renouveau. Le courant d’air perdure à l’intérieur en dépit de sa disparition extérieure. Ça reste plus beau à l’envers, rien à faire, c’est mieux lorsqu’on ne comprend rien. D’ailleurs les mots côtes à côtes en toute incohérence sont plus signifiants. De là écrire pour être compris est une cause perdue. Il est toujours sympathique de s’insurger pour les causes perdues, c’est un point de vue stylistique. Une annonce qu’on lit souvent comme de l’amour. Une petite pensée à la gloire pailletée qui se dépasse par l’arrogance sur sac de pomme de terre remplie de chair mais finalement surtout de graisse difforme. Regarder ne permet pas toujours l’aperçu. Tout comme voir ne signifie pas forcément entendre. Autant de signaux, de fusées de détresse, de feux de Bengale envoyés à l’intéressé, outre les cris, pourvu qu’il l’entende. Faut croire pas de fumée sans feu, toujours une chute prévisible pour éviter de perdre les autres. Trop de perte tue la mort. Et sans mort ???

Faute de mouvoir sa masse elle ondule l’esprit. Elle a juste plus froid. Ça n’apporte rien d’équivalent l’équité. Tous partis en voyage en même temps que l’autre. Ça l’inquiète. Elle est capable de se foutre dans la panade, la brandade, la tapenade. Pas du tout un métier pour elle. Après la libération le froid se diffuse mieux, emmagasinement de froid au lieu de chaleur. Ils la regardent comme ça. Ils veulent un froid c’est ça. Elle avait pourtant fait le choix de se mettre près de la fenêtre. Elle se nourrit de caféine au point de recréer un caféier dans son estomac. Et elle ressent le manque. Elle s’éveille au manque. Elle ne sait pas ce que c’est. Juste un manque tout seul et perdu, comme elle. Ce n’est pas grave c’est juste au début, et puis elle cultive la douleur. Finalement elle s’endort sur l’idée que la musique a des bras qui enveloppe sa coquille vide.

par Arcadius
Mardi 22 janvier 2008
publié dans : Chroniques communauté : les auto-édités
créer un trackback recommander ajouter un commentaire commentaires (2)   

Sale Sommeil, 6NEK, 08

Olga dort d’un sommeil agité. Ses paupières bougent très vite. Elle a quatorze ans. Olga est en train de rêver. La mort l’étrangle, la prend, entre par tous les pores de sa peau. Olga s’éveille dans un sursaut avec le sentiment qu’il n’y a plus rien à faire. Juste l’attendre pendant quarante-huit heures. C’est son tour et c’est comme ça. Olga se dit qu’elle peut rester dans son lit plutôt que de prendre conscience que la vie va suivre son cours sans elle. C’est la fin elle en est sûre. Elle n’a tout à coup plus envie de se projeter dans l’avenir ou d’imaginer un amour qui se terminerait brutalement dans deux jours. Olga n’a plus le temps. Elle décide cependant que passer ses deux derniers jours dans son lit n’est pas forcément le plus intéressant, vu que morte elle sera couchée de toute manière. Olga voit la mort comme un long sommeil inconscient. Elle a quand même une irrépressible envie de pleurer. Les pleurs font partis de la vie alors elle s’accorde quelques minutes pour sangloter sur son futur décès. Mais sitôt qu’elle s’apitoie sur son sort, une surdose d’adrénaline l’a met sur pied dans un vacarme épouvantable. Olga a renversé son lit. Elle ne range pas, à quoi bon pense-t-elle. Elle passe trois heures dans la salle de bain. Ses précieuses heures s’avalent comme du Nutella, pour son plus grand malheur. Elle va au collège. Lorsqu’elle entre en classe, les élèves et le prof restent bouche bée. Pour la première fois elle porte autre chose que ses sempiternels joggings. Une beauté vénusienne est née pour deux jours. Elle prend place sous les regards ébahis. Elle a oublié son mot d’excuse, mais à son avis le prof ne se souvient pas de l’incident. Olga a encore envie de pleurer toutes les larmes de son corps et mourir desséchée lorsqu’elle s’aperçoit que cette heure habituellement interminable, qui doit durer dix siècles, s’écoule sans demander son reste. Durant l’intercours, un groupe se forme autour d’elle. Olga ne veut pas leur parler. Après tout, ils ne lui ont pratiquement jamais adressé la parole. De toute façon à présent elle est elle-même consciente d’être belle et séduisante. Elle s’en fout de cette bande d’hypocrites sournois. Ce qu’elle veut c’est vivre intensément. Mais c’est quoi la vie ? La vraie vie ?

 

« La tragédie de la mort est en ceci qu’elle transforme la vie en destin. »

L’espoir, André Malraux.

par Arcadius
Mardi 15 janvier 2008
publié dans : Chroniques communauté : les auto-édités
créer un trackback recommander ajouter un commentaire commentaires (1)   

Elle. Elle c’est Olga. Une femme. Elle est tout si peu et tant.
Toute une histoire…
Olga, doux prénom, à faire rouler sur la langue. Olga, elle est le tourbillon et le vide de son O, la lumière et la légèreté de son L, le gâteau et le gloubi-boulga de son G, l’âme et la chance de son A.
Sa vie, elle la souhaite proche des gens. Elle a longtemps cherché comment en faire un travail efficace, qui pourrait lui assurer un certain confort. Elle pense qu’elle a trouvé.
Elle aime l’indigo, (si elle devait choisir, elle prendrait au moins l’arc-en-ciel), et les choses douces en général. Elle aime dormir, ces grands pans d’inconscience la fascinent. Elle veut croire en l’amour. La réalité est parfois le brise-glace de ses émotions. Si peu et déjà tant.
La petite ou la grande vie. La petite et la grande vie. Ses rêves et ses projets. Ses cascades émerveillées, son poil dans la main et ses bonheurs miraculés.
Elle est cette inconnue, qui aurait mérité qu’on s’y attarde. Une inconnue proche et lointaine avec qui on a échangé un regard à peine.
Elle, comme une chanson. Elle aimerait bien, rien qu’une fois, pendant pas longtemps, que tous les gens de la terre voient les étoiles en même temps.
Elle pense que le bonheur est comme un noyau de cerise, caché à l’intérieur. Son petit bonheur et sa laine rouge cachés dans le tiroir des mots. Couvert, entortillé, choyé le petit bonheur ne partira pas.
par Arcadius
Vendredi 11 janvier 2008
publié dans : Chroniques
créer un trackback recommander ajouter un commentaire commentaires (2)   

Dans ce monde où elle vit. Seule la nuit.
Elle rêve envies l'autre temps
Elle rêve elle s'envole au firmament
Elle pleure la douleur les mots engloutis
Elle pleure les draps mouillés les caresses folles
Elle rit les démons endormis le premier vol
Elle rit les fleurs éparpillées les feuilles arrachées
Elle se consume la tourmente les matins volés
Elle se consume la douleur l'inachevé
Elle brûle les papiers les cris le coeur
Elle brûle la souffrance l'arbre la couleur
Elle souffle sur le trône le chemin la mer
Elle souffle sur le bien le mal la terre
Elle étouffe le manque dans les cris la passion
Elle étouffe dans le chaud le froid la clarté
Elle a besoin des hommes de sang la splendeur
Elle tombe des nues sur les genoux
Olga tombe vite envahie par la glace.

par Arcadius
Mardi 4 décembre 2007
publié dans : Chroniques
créer un trackback recommander ajouter un commentaire commentaires (5)   

Lien officiel

Chroniqueur

  • : Olga
  • olga-chroniques
  • : L'histoire d'une jeune femme prise dans le tourbillon de la vie... Rien de plus ordinaire??

détective

le temps

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus